En Corse, certains chemins ne se parcourent ni en voiture ni en quad. Pour atteindre les refuges, les bergeries ou les chantiers isolés, il faut souvent compter sur les mules. À 21 ans, Stella-Maria exerce ce métier rare avec sérieux : muletière, elle transporte des marchandises sur les sentiers de montagne, là où le relief impose ses règles et où l’animal reste le meilleur allié de l’homme.
Le travail commence bien avant la marche. Il faut préparer les charges, équilibrer les paniers, vérifier le harnachement, anticiper la difficulté du parcours et la fatigue des bêtes. Une mule peut porter des charges importantes, mais le portage demande une vraie maîtrise : trop lourd, mal réparti ou mal fixé, le convoi devient dangereux pour l’animal comme pour le muletier.
Un métier de terrain
Stella-Maria ne transporte pas seulement des vivres. Comme les autres muletiers corses, elle peut aussi acheminer du matériel, du gaz, des outils ou récupérer des déchets selon les besoins des refuges et des exploitations en altitude. Le métier suit le rythme des saisons : en été, les allers-retours se multiplient pour ravitailler les refuges du GR20 ; en hiver, les missions se déplacent vers d’autres besoins, comme le transport de bois ou de produits agricoles.
Sur le terrain, tout repose sur l’anticipation. Il faut connaître les animaux, lire le sentier, repérer les passages étroits, gérer la chaleur et maintenir l’allure juste. Le muletier avance souvent en équilibre permanent entre le poids de la charge, la sécurité du convoi et les exigences du relief. C’est un travail physique, précis, et rarement mis en scène alors qu’il reste essentiel à la vie de certains secteurs de montagne.
Des mules indispensables
En montagne corse, la mule n’est pas un symbole, c’est un outil de travail. Elle permet d’atteindre des zones où les véhicules ne peuvent pas aller et reste adaptée aux pistes difficiles, aux sentiers pierreux et aux dénivelés marqués. Plusieurs reportages rappellent d’ailleurs que des muletiers assurent encore le ravitaillement de refuges emblématiques et la collecte de déchets le long des itinéraires de randonnée.
Ce savoir-faire repose sur une relation étroite entre le conducteur et l’animal. Le muletier doit guider sans brusquer, charger sans déséquilibrer, et ménager ses bêtes sur des parcours parfois longs et éprouvants. C’est cette dimension artisanale du travail qui fait la singularité du métier : une logistique de montagne à taille humaine, fondée sur l’expérience, le calme et la confiance.
Une activité encore vivante
Le métier de muletier a longtemps été un moyen de transport indispensable en Corse. Avant la généralisation des routes, les villages étaient reliés par des sentiers empruntés à dos d’âne ou de mulet. Aujourd’hui, cette pratique a changé d’échelle, mais elle n’a pas disparu : elle s’est adaptée aux besoins des refuges, aux chantiers en site isolé, au nettoyage de certains espaces naturels et à quelques activités agricoles.
À 21 ans, Stella-Maria fait partie de ceux qui prouvent qu’un métier ancien peut encore avoir un avenir. Son quotidien raconte une réalité simple : dans les montagnes corses, le travail avec les mules reste une réponse concrète à des contraintes bien réelles. Et sur ces sentiers où chaque pas compte, la force n’est pas seulement dans l’animal, mais aussi dans le savoir-faire de celle ou celui qui le mène.
En Corse, Stella-Maria fait vivre le travail avec les mules
Source : France 3




