Diane aime la vie. La vie nomade. Depuis l’âge de 16 ans, elle construit sa vie en évitant autant que possible l’état de sédentarité, au prix, souvent, de conditions de vie difficiles. Malgré tout, elle reste animée, pendant toutes ces années, par le profond sentiment de liberté que lui procure cette existence de nomade.
Longtemps, elle a marché à pied. Puis, il y a cinq ans, elle s’est mise en route avec deux compagnons inséparables : Azul et Pedro, deux ânes avec lesquels elle a tissé des liens extrêmement forts. Ensemble, ils ont parcouru les sentiers et les routes de France pendant cinq ans.
Une vie construite avec les ânes
Diane a commencé à nomadiser avec Pedro en août 2018, en partant des Pyrénées. Ils ont marché jusqu’en Bretagne. C’est à l’hiver 2019, en Bretagne, qu’elle a trouvé Azul, qui les accompagne depuis.
Au fil du temps, vivre avec deux ânes est devenu trop complexe et hyper fatiguant. Gérer tout seule les deux ânes, avec leur rythme, leurs besoins et leur force, représente une énergie que Diane n’a plus aujourd’hui.
Elle décrit avec tendresse ses compagnons : Pedro a un caractère bien trempé, Azul est plus calme. Elle reconnaît leur voix, leur bruit de sabot, leur façon de se coucher. Elle peut même distinguer le “crunch” de Pedro de celui d’Azul quand ils mangent la nuit. Pour elle, vivre avec les ânes, c’est le bonheur, c’est de la sérénité, c’est presque de la télépathie. Ils marchent à moins de 3–4 km/h, et elle apprend à marcher doucement avec eux.
Un dernier voyage ensemble vers un nouveau lieu d’accueil
Diane a cherché longuement des gens pour accueillir Azul et Pedro dans les conditions qu’elle estime nécessaires pour eux. Elle commençait à désespérer. Puis elle a eu la chance de rencontrer Emmanuel et Didier, qui ont accepté d’accueillir les deux ânes dans un endroit qui correspond à ses rêves les plus fous pour eux : une grande propriété de 80 hectares, avec des arbres, de l’herbe, de l’eau.
Elle les accompagne aujourd’hui dans un dernier voyage ensemble vers ce nouveau lieu d’accueil. Là-bas, ils vont vivre en liberté avec des gens qui sont respectueux des animaux.
Une identité profondément nomade
Diane se définit comme profondément nomade. Elle dit : “je me sens profondément nomade, ça ne change pas… c’est ma main que depuis l’être, j’ai l’impression de père de… mon identité”, et elle insiste sur le fait que le nomadisme est son état normal.
Elle a arrêté l’école à 15/16 ans, mais elle a eu soif d’apprendre. Dès qu’elle a appris à lire, elle décrit cela comme une révélation : les portes et fenêtres s’ouvraient, il n’y avait plus de murs. Au fil de sa vie, elle a vécu dans la rue, fait de la musique pour vivre, a voyagé en autostop, en train sans payer, et a vécu dans une voiture, puis dans une niche à roulettes de son chien. Plus tard, elle a eu une fille, puis, une fois adulte, elle a retrouvé son besoin de liberté et de mobilité.
Pour Diane, être nomade avec des ânes l’a aidée à se réconcilier avec l’humanité. Les ânes attirent les gens sympas, et à travers eux, elle a pu renouer avec les humains, même si elle reste critique envers l’humanité dans son ensemble.
Un documentaire dédié à leur histoire
Cette histoire est partagée au public à travers un documentaire vidéo de 57 minutes, intitulé “Diane, Azul et Pedro” et réalisé par Christian Lebon. Diffusé en janvier 2025, ce film montre leur vie quotidienne, leurs étapes, leurs bivouacs, leurs décisions, leurs doutes et leurs moments de sérénité.
Une fin de chapitre, mais pas une fin de vie
Diane vit aujourd’hui un moment douloureux, comparable pour elle à un chagrin d’amour, voire pire. Elle dit : “je vis un peu un chagrin d’amour… depuis que j’ai décidé que ça serait mieux pour eux de plus rester avec moi… c’est pire qu’un chagrin d’amour”. Elle sait que c’est pour leur bien : ils seront mieux, et vivre en liberté sur 80 hectares est idéal pour eux
Pour Diane, ce n’est pas une fin, mais une transition nécessaire. Elle continue d’aimer la vie, la marche, la nature, et reste profondément libre dans sa tête.



