J'aime mieux un âne qui me porte qu'un cheval qui me désarçonne(Proverbe espagnol)
Traction animale - Cheval de trait - Débardage au bief du Gacet

 

Traction animale

Cheval de trait - Débardage au bief du Gacet

Le canal d’Ille et Rance, construit au début du 19ème siècle et propriété de la Région Bretagne depuis janvier 2008, est géré au quotidien par l’ICIRMON (Institution du Canal d’Ille et Rance Manche Océan Nord) dont les missions consistent à entretenir, aménager, valoriser et promouvoir cette voie d’eau appelée aujourd’hui liaison Manche-Océan.

L’entretien de la liaison passe également par celle de ses berges et des boisements qui cumulent une surface de près de 300 ha. La gestion de ces boisements est dorénavant patrimoniale et non plus économique comme durant la seconde moitié du XXème siècle. Cette gestion comprend également une mission primordiale de sécurité car de nombreux usagers empruntent les abords du canal dans le cadre de leur travail ou pour se divertir.

C’est dans le cadre de sa mission de sécurisation des abords du canal que l’ICIRMON doit abattre 121 peupliers situés en rive gauche du bief du Gacet sur la commune de Betton. Ils sont âgés (30 ans) et dangereux. En effet leurs branches sont cassantes et les troncs de 30 d’entre eux sont très penchés et gênent le passage des tracteurs du service. Il est par ailleurs prévu de refaire les berges l’hiver prochain, en s’appuyant sur des principes de génie écologique et notamment la mise en place de plantes hélophytes, qui sont couramment employées sur les berges du canal.

Pour abattre et débarder les peupliers deux méthodes ont été envisagées. Soit celle qui consiste à vendre le lot de peupliers sur pieds (c’est-à-dire non abattu) à un marchand de bois qui se charge de son exploitation. La seconde solution consiste à faire appel à une entreprise pour abattre et débarder les grumes puis à les vendre "bords de route", c’est-à-dire abattus et transportés jusqu’à une aire de stockage facilement accessible par camion. Pour le débardage, deux façons de faire étaient également envisageables, soit l’utilisation d’outils traditionnels que sont les porteurs ou grumiers qui sont de grosses remorques capables de transporter plusieurs grumes à la fois. La seconde consiste à faire appel à des chevaux pour transporter les grumes, une par une jusqu’à l’aire de stockage. Ces différentes alternatives ont été présentées aux élus de l’ICIRMON qui ont décidé de privilégier le débardage par cheval et la vente du bois "bord de route".

Pourquoi avoir privilégiée cette approche pourtant plus onéreuse ? Tout d’abord car au coût d’intervention d’une entreprise classique, avec de gros engins, il aurait fallu rajouter celui de la réfection du chemin de halage. Ensuite ce chantier a été appréhendé de façon globale. Toutes les parties de l’arbre seront valorisées. Les grumes (ou troncs) en cagettes, les surbilles en bois de chauffage et les branches en compost pour la station d’épuration de Betton. Ensuite, bien sûr, si l’on parle d’approche environnementale, l’impact des chevaux est bien moindre sur l’environnement du chantier, en préservant la faune et la flore des berges du canal et plus généralement si l’on fait le bilan carbone du chantier. Enfin le cheval a toujours eu sa place sur les berges du canal jusqu’à l’avènement des péniches à moteur et si les débardeurs à cheval d’aujourd’hui se veulent modernes et n’aiment pas s’inscrire uniquement dans une vision nostalgique et passéiste, ce choix de méthode est quand même un clin d’œil à tous les chevaux de halage qui ont foulé ces berges durant plus d’un siècle.

Pour annoncer le chantier et communiquer sur cette approche écologique, une exposition de photographies de Jean-Léo Dugast a eu lieu avant à la mairie de Betton et cette exposition s’est conclue par une conférence sur le débardage en France en présence du débardeur en charge du chantier de Betton : Jean Baptiste Ricard. Une exposition a également eu lieu sur la place du marché, pendant le chantier, pour expliquer comment les peupliers du canal sont transformés en cagettes qui à nouveau se retrouvent aux bords du canal lors du marché dominical.

Publié le 03/03/2010 ~ 07:40  
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