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Ane - Monique et son âne Hermès sur le chemin de Compostelle

Histoire d'une randonnée sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle

L'âne Hermès.Bonjour à tous, je m’appelle Hermès, âne hongre commun, de 7 ans à l'époque. Ma maîtresse, plus exactement copine, avait 43 ans lorsque je l’ai accompagné durant 1700 km sur le Chemin de Compostelle. Du Puy en Velay (en Auvergne) à Santiago (en Galice - Espagne) pour les nuls en géographie.

Notre histoire : des albums photos et une petite page de sa part pour vous donner l’envie de vous mettre en marche vous aussi.

Ce chemin, Monique LIEVAUX en a rêvé une nuit de mars 2002, ignorante de tout, même de sa destination. Une seule certitude elle devait partir. Après s’être documentée (très peu) sur cette destination, elle en apprenait la distance : 1700 km, qui traversait le Puy de Dôme dès le départ et les Pyrénées par la suite. Une grande vérité incontournable apparut, elle était incapable de porter un sac sur une telle distance.

Les amoureux des ânes de longue date y verront peut être là une réalité très restrictive, mais c’était à cette époque, la mienne. Les sentiments eux évoluent, et de kilomètre en kilomètre, Hermès est devenu une partie de moi-même, mon ami de tous les jours, mon confident, ma consolation, mon guide, l’instrument sur ce chemin de la "guérison". Peut-être est-ce trop maintenant !

Tout cela pour dire que j’en connaissais encore moins sur les ânes qu’en géographie !

J’ai donc passé une petite annonce par l’intermédiaire de Daniel sur l’Asinerie du Net et je me suis rendue fin septembre 2002 voir celui qui deviendra mon fidèle avocat.

C’était le plus mal en point de ceux qui étaient à vendre ! Maigre comme ce n’est pas permis, indépendant au possible (peur des humains) mais des yeux, des yeux d’amour à vous prendre le cœur à jamais !

Vous voyez, j’ai acheté Hermès, parce que je l’ai regardé dans les yeux, ce fut le premier et le dernier, refusant tout conseil de choix d’un autre animal, même de professionnels !

Il me l’a rendu, des millions de fois, en douceur, en courage, en vaillance, en fidélité, en patience devant mes maladresses de "sanglage" sur les débuts du chemin.

Pas un refus sur 1700 km, ponts, passerelles, rivières, fossés, route nationale (N20) à quatre voies, brouillards, sauter, traverser les grosses agglomérations espagnoles poids lourds à côté, klaxons, il a tout fait sans jamais broncher !

Il fallait le voir, s’arrêter,  scruter aux alentours le meilleur endroit pour passer et redémarrer de lui-même. J’ai souvent été derrière, surtout dans les côtes, et à ses côtés pour me protéger des rafales de vent à 120 km/h !

Ce n’est pas moi qui est éduqué Hermès sur le chemin, c’est lui qui m’a tout appris.

Et son ardeur à la marche : 1700 km en 56 jours de marche et 5 jours de repos !

Du Puy en Velay (France) à Santiago (Espagne).

Je n’ai jamais vraiment calculé un itinéraire puisque nous nous arrêtions, là où c’était beau, chaleureux et pré pour mon Titi. Une fois quand même, c’est Hermès qui a dit stop, après 6 km ! Petit caprice ou autre, pas grave, accepté et reparti le lendemain pour 40 km ! En Espagne aussi, pris dans notre élan de liberté, nous avons marché 57 km.

Rien n’était décidé à l’avance, c’est ce que j’appelle la "Providence".

Je ne peux expliquer comment j’ai pu obtenir de lui tout ce qu’il m’a offert.

Hermès et moi, nous nous sommes appris mutuellement (avec Job notre toutou) durant 6 mois, uniquement le dimanche. Etant parisienne en activité professionnelle, lui en pension, c’est tout ce que je pouvais faire. La seule chose que je peux dire c’est que j’ai toujours eu un grand respect envers lui et que je crois à l’amour plus que tout, je crois aussi ne jamais avoir douté de lui. Parfois j’ai eu peur pour lui, à tord très certainement, car dans ces moments là il passait devant !

Ce chemin il a été magique ! Voyager la tête haute, auprès de son ânemi, accompagné de son fidèle Rottweiler. Imaginez un chemin d’amour, de paix, de don, de rencontre, de partage. Hermès y est certainement pour beaucoup. N’est-il pas, après traduction "le messager de Dieu" !

Nous avons reçu énormément, nourriture, partage de petits cafés chez l’habitant, cris de joie des enfants, sourires par milliers, encouragements, attentes de notre arrivée le soir aux étapes... Nous avons offert ce qui était à notre portée tout simplement, porter des sacs trop lourds aux inconscients sur les fins d’étapes mal calculées, accompagnées tout doucement les marcheurs en panne de courage, pris le temps de s’arrêter juste pour répondre aux questions des curieux… Rien que des choses très humaines !

Les rencontres "sans filtres" un peu comme si nous retrouvions juste la possibilité de réapprendre à être des humains. Quelle que soit notre raison, notre motivation qui nous a conduits sur ce chemin, l’appel, le but, reste le même. Nous sommes tous tirés et attirés vers le même lieu, c’est ça aussi Santiago.

Je ne peux ici décrire les étapes unes à unes, les villes, les gîtes, les kilomètres, tout cela les librairies et le Net vous fourniront tous le meilleur des topoguides.

Mon chemin à moi c’était le moment présent avec ses joies, ses épreuves, ses recherches, ses rencontres. Je n’ai connu aucun mauvais endroit puisque je n’attendais rien. J’ai tout simplement pris ce qui s’offrait à moi dans la simplicité d’un pèlerin en marche. Avec ses yeux tout est devenu un don de Dieu. Moi qui suis partie marcher pour lui avec le meilleur ambassadeur et avocat à ses yeux : un âne. Je n’ai pas marché pour Dieu puisque c’est lui qui m’a conduit sans une seule blessure physique en protégeant mes compagnons. C’est aussi cela la providence, recevoir sans jamais exiger.

Je me rappelle que je disais au départ le premier jour : "je pars trouver ce que je ne sais même pas que je cherche" et c’est moi que j’ai découvert à l’arrivée !

Nous sommes rentrés, en camion, riche à millions d’émotions, d’amitiés, d’amour et le vœu de tout recommencer. Santiago ce n’est pas le bout du chemin, mais le commencement d’autre chose…

 


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Pour Hermès :

  • Le bât : acheté chez Bernard LACUCHE, trouvé sur Asinerie.net. Je sais, ce n’est pas le moins cher, mais un travail d’artisan sans défaut. Pas une blessure à Hermès, pas un cuir, pas une attache qui lâche en court de route et la promesse d’assurer tout remplacement même sur la randonnée.
     
  • Le tapis de bât : très épais et pouvant s’épaissir et se réduire en fonction de votre animal, lavable puisque l’on peut extraire les garnitures (vente Bernard LACUCHE).
     
  • Les sacoches : elles devront être de préférence avec des structures rigides sur les cotés, plus pratique pour le chargement. Celles d’Hermès ont été achetées chez Olivier CLOUTEAU, mais de réels progrès sont à faire sur les attaches et fixations, elles ont cédé très vite. L’étanchéité, quant à elle, a été parfaite.
     
  • La nourriture : je vais faire bondir les professionnels ! Je n’ai quasiment jamais donné de complément en France. En Espagne rien de rien. Juste le temps à Hermès de brouter à satiété et : il adorait les bananes, kiwis, pommes, biscuits au chocolat ou sans biscuit, le fromage, les carottes, tout absolument partagé ! Hermès fut le seul pèlerin qui a pris du poids sur ce chemin, moi j’ai perdu 8 kilos.
     
  • Et : nécessaire de toilette ramené au minimum (une étrille, une brosse douce) et petits massages tous les soirs après avoir ôté le bat. C’est très important pour éviter les contractures musculaires après un chaud-froid. Il a adoré ça.
    Puis, la grande question : fer ou pas fer ? Je me suis félicité de ne pas avoir chaussé Hermès au départ. Le chemin étant escarpé, plaques de roches glissantes, jumping sur les rochers de Monistrol en Allier, je n’ose imaginer si il avait eu des fers aux sabots. J’ai fait ferré les antérieurs à Moissac sur les conseils d'un professionnel ! Et je ne sais toujours pas l'utilité de la chose, mais attention Hermès a terminé les 200 derniers kilomètres avec un seul fer ! Impossible de trouver un maréchal-ferrant en terre d’Espagne.
     
  • Les chemins de Saint-Jacques.Pour le reste : suivre les très bons conseils des topoguides, faites vous plaisir aussi, sans oublier que le poids est l’ennemi de tous même de votre Nanou. Attention ne jamais oublier la petite tente, car si les étapes sont des lieux merveilleux d’échanges avec les autres pèlerins, la nature est très belle et appelle aux nuits étoilées près de vos compagnons !
    Hermès a débuté son parcours avec environ 40 kg (bât compris) et terminé avec moins de 30 kg, la poste, les oublis, les abandons des éternels inutiles…
    Pas de stock de nourriture, ce n’est pas le désert ni la brousse africaine… Même en Espagne tout est ouvert le dimanche, c’est ça aussi "maintenant" le chemin de Saint Jacques de Compostelle.

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Date de création : 04/07/2010 ~ 17:00
Dernière modification : 04/09/2010 ~ 12:39
Catégorie : Ane

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